Conf du Web 2.0 Expo : La vision 2.0 de Tim O’Reilly
Comme lors des versions américaines du Web 2.0, Tim O’Reilly est venu livrer sa vision du Web 2.0, notamment à la lumière de la crise financière qui s’annonce durable même pour les start-ups.
Le constat de départ est plutôt sain : les fondements du web 2.0 ont changé la façon dont on produit et accède à l’information. Ces changements sont durables et la crise ne remet pas cela en question. En revanche elle va accélérer le fossé entre les projets viables et les autres. Entre les gagnants et les perdants.
Alors comment différencier les uns des autres ? En vrac Tim O’Reilly cite l’Open Source, le SaaS ou l’intelligence collective au rang des gagnants, et les Me-too au rang des perdants. La différence entre les deux viendra également de la capacité à anticiper les catastrophes. Dans beaucoup de Business Plans, le Worst Case est souvent (toujours ?) une version un peu tristounette du Best Case. Alors que les chocs pétroliers, la crise financière des années 90 et la bulle technologique de 2000 ont montré qu’un Worst Case pouvait aller bien plus loin : jusqu’à l’effondrement pur et simple de toute une industrie – fournisseurs et clients inclus.
Oui mais bon prévoir l’avenir – et même Tim O’Reilly en convient – n’est pas une chose facile. Et c’est là où ca se complique : pour l’intervenant, la boussole c’est « faire les choses bien ». Ah…? Pour justifier sa thèse, Tim O’Reilly passe par Pascal et son Pari. L’analogie est simple : faisons toujours des choses bien et même si ça ne marche pas directement, comme on a fait le bien il y a forcement un moment où ça va payer.
Je dois admettre que ni Sunny ni moi n’avons été très convaincus par cette petite culbute intellectuelle. C’est quoi « faire les choses bien » ? C’est se concentrer sur une application magnifique ou spammer les gens pour qu’ils l’utilisent ? Dans une start-up où les ressources et le temps sont comptées, c’est quoi la boussole ? Corriger les bugs pour avoir une plate-forme prête à faire face à tout même à l’impensable ? Ou tout focaliser sur le marketing, l’acquisition client et les outils qui facilitent la propagation ? Si on le savait, on l’aurait fait depuis longtemps…
En conclusion c’était une assez bonne conférence, et Tim O’Reilly est un excellent orateur. Ce qu’on en retiendra c’est que c’est aussi en temps de crise qu’il y a des places à prendre. Et que les TIC et la collaboration sont une tendance lourde qui ont leur rôle à jouer dans la recherche de solutions à la crise et à celles qui suivront.








