Manifestation dans le Wisconsin (cc flickr HollyWata)Le gouverneur républicain du Wisconsin, proche du Tea Party, fraîchement arrivé à son poste en janvier dernier, a fait adopter un projet de 140 millions de dollars de réductions fiscales pour les entreprises. Scott Walker a affirmé que ce projet contribuerait à combler un déficit évalué à 3,6 milliards de dollars américains pour le budget 2011-2013. Il a aussi défendu son projet en soutenant que délester les administrations municipales des conventions collectives leur offrirait une plus grande liberté, à l'heure où les compressions budgétaires sont légions..
Celui-ci prévoit de geler partiellement le salaire des fonctionnaires, de raboter les pensions de retraite et de couverture sociale et de laisser aux employés le choix de payer ou non des cotisations syndicales.
Un plan drastique qui remet en cause des acquis sociaux vieux de 70 ans. Des baisses de salaires, des économies certes mais surtout la fin de la possibilité pour les fonctionnaires de négocier collectivement leurs conditions de travail ainsi que leurs avantages sociaux. Des mesures, qui sitôt annoncées, ont mis plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue.
Contre les syndicats, pour l'industrie pétrolière
Des manifestations de solidarité ont encore eu lieu ce week-end dans toutes les capitales des 50 États pour montrer la détermination des employés.
C’est que d'autres États du Midwest, dont l'Ohio et l'Indiana, se préparent également à adopter des projets de loi qui réduiraient les acquis et droits syndicaux des employés du secteur public. Comme au Wisconsin, ces mesures suscitent la contestation.
Selon le prix Nobel d’économie Paul Krugman, « Scott Walker et ceux qui le soutiennent essaient de faire du Wisconsin, et à terme de l'Amérique, moins une démocratie qui fonctionne qu'une oligarchie du tiers monde. Qu'on les aime ou pas, en attaquant les syndicats, on menace l'un des derniers contrepouvoirs face aux milliardaires et l'un des derniers défenseurs de la classe moyenne » . Le gouverneur, élu depuis six semaines grâce à l'aide financière des frères Koch, milliardaires hyper conservateurs, financiers du Tea Party dans l'espoir que ce mouvement abolira la réglementation en matière de pollution, veut simplement supprimer les syndicats et surtout leur pouvoir de parler au nom des salariés d'un secteur.
Le blogueur Oil Man, journaliste indépendant spécialisé dans les questions pétrolières, propose une autre interprétation, encore plus sournoise : « L’activité centrale de Koch Industries est la chimie du pétrole. Charles et David Koch, les deux frères qui dirigent le groupe, figurent parmi les toutes premières fortunes américaines. L’une des dispositions du plan du gouverneur Scott Walker prévoit que celui-ci pourra privatiser sans condition « toute usine de chauffage, de climatisation et d’électricité appartenant à l’Etat » du Wisconsin. S’en prendre aux pouvoirs des syndicats et à l’autonomie du politique en matière d’énergie : se peut-il que la stratégie ... Lire la suite de l'article

