Boire un thé avec David McCandless d’Information is beautiful quand on s’intéresse à la visualisation de données revient un peu à partager un pétard avec ses rockers préférés quand on est une groupie. Je souris béatement tandis qu’il peste contre sa nouvelle maison qu’il juge bien trop grande et trop froide. David met de l’eau à bouillir et je remarque que même sa théière est recouverte d’une petite laine. Quelques instants plus tard, je le suis, sans sucre et sans lait, dans les escaliers qui mènent à son bureau..
Work In progress
Là, il me montre une infographie sur les exoplanètes qu’il termine actuellement pour The Guardian. Briefé en février, il se désole de sa lenteur justifiée par un emploi du temps surchargé et une volonté farouche de tout concevoir à la main.
“J’ai vraiment voulu prendre le temps de sélectionner les informations pertinentes afin de créer une bonne histoire mais aussi de trouver l’échelle adéquate pour rendre le tout compréhensible.”
La notion d’échelle est fondamentale pour moi ; je crois que c’est véritablement la clé de la visualisation de données car elle donne à la fois le contexte et le sens.
Sans échelle, quelques soient les formes qu’elle prend, nous ne pourrions effectivement pas nous repérer dans ces complexités. Elle est ce qui rend les informations vivantes et donne sens aux grandeurs physiques et temporelles. La visualisation sur les exoplanètes permet par exemple d’appréhender simplement l’immensité de l’espace dans lequel nous vivons et l’immensité des nombres qui le décrivent.
Je débute toute visualisation en partant non pas des nombres auxquels je suis confronté mais de ma propre confusion à leur égard. J’avoue ne pas comprendre ces nombres à l’état brut. Présentés de manière absolue, comme c’est souvent le cas dans les médias, il est difficile de cerner leur portée. Ces présentations ne permettent pas d’établir des liens entre divers éléments. Or, je crois que ce sont ces liens qui sont les plus importants.
La genèse
Après avoir trainé ses basques pendant plus de 20 ans dans les rédactions en tant que journaliste, David a eu l’impression d’avoir fait le tour de son job. Un peu d’ennui, en français dans le texte, le poussait à rechercher une activité neuve et récréative sans qu’il ne sache trop vers quoi s’orienter. Il y a 3 ou 4 ans, il décide d’enquêter sur les théories évolutionnistes et créationnistes, peu convaincu de la dichotomie simpliste véhiculée par la presse. ll est persuadé que les théories sur l’origine du monde ne se cantonnent pas à deux simples blocs s’opposant frontalement. Sans surprise, il découvre de nombreux désaccords entre les partisans, faisant émerger de multiples groupes dissidents. Il éprouve pourtant des difficultés ... Lire la suite de l'article

