Le journalisme visuel arrive au Pakistan

Plus de 1,700 morts et plus de 14 millions victimes du déluge pakistanais sont sans domicile, toujours en attente de nourriture et de médicaments. Que faire devant un sinistre de tel ampleur quand on est loin de son pays et dépendant des médias pour des infos. Pourtant, suite à la couverture médiatique de cette catastrophe qui a ravagé mon pays, je pose la question suivante :

Quels éléments légitiment la gravité d’une catastrophe : le nombre de décès ou la circulation des images de ses victimes ?

Yoann Moreau étudiant-chercheur à l’Ehess, dont une partie de la thèse porte sur les catastrophes naturelles, était le premier à observer un désengagement au niveau international face à cette calamité. Dans son billet Inondations au Pakistan : ce n’est pas une catastrophe (pour nous) il s’inquiète non seulement du désengagement de la part des consommateurs d’ infos, mais également de leur manque d’émotion. D’après lui, l’intérêt du public se limite de plus en plus aux informations de base, puisque le souci général est de savoir si l’augmentation des catastrophes est lié au rechaufement climatique. Il précise malheureusement que:

« Ce que nous télé-spectateurs recevons, c’est la pommade, pas le choc. Ce que nous observons c’est le spectacle d’une tragédie pas la tragédie ».

Mais aussi triste que soit ce constat, il est vrai car juste deux jours après l’AFP publie « Le manque d’aide pour le Pakistan dû à un “déficit d’image” et à Haïti ». L’article s’appuyait sur les observations de la porte- parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU Elisabeth Byrs qui affirmait le déficit d’image concernant le Pakistan dans la presse occidentale. D’après d’autres Le Project for Excellence in Journalism (un projet de Pew Research Centre) affirme ce manque de couverture médiatique par la presse américaine, qui était 10 fois moins pour les inondations au Pakistan que pour Haïti.

Même si d’autres raisons comme le nombre faible de décès (moins de 2000 au Pakistan en comparaison avec 200, 000 morts en Haïti) peuvent être attribuées au désengagement pour les victimes pakistanais, plusieurs directeurs d’ONG sont d’accord sur le déficit d’images comme une des raisons principales. Nan Buzzard, directeur de la Croix Rouge américaine explique que sans la diffusion continuelle des images et des nouvelles choquantes, la catastrophe ne réussit pas ni à émouvoir le monde, ni à encourager la collecte des fonds.

Si ces directeurs d’ONG affirment que la quantité d’images fait la catastrophe, voir détermine son ampleur, ils ne donnent aucun indice sur le type d’image auxquelles s’attendent les téléspectateurs occidentaux ou bien le diaspora pakistanais.

En suivant les commentaires évoqués par le billet d’Yoann on peut comprendre la frustration des téléspectateurs face aux images d’un pays et ... Lire la suite de l'article