La BNP les doigts dans le pot de confiture fiscale

Lors de la même audition, le président de BNP s'est vigoureusement défendu de faire la promotion des trusts, ces structures juridiques particulièrement opaques, souvent situées dans les pays anglo-saxons et dont l'identité des bénéficiaires est soigneusement tenue secrète. « Le produit n'est pas promu par le groupe auprès de ses clients français », affirme Baudoin Prot. Or, plusieurs documents internes, faisant l’éloge « d’une confidentialité et une discrétion renforcée » attestent du contraire. Pour les banques, le trust est l’assurance de garder le client. Le patron de l'ingénierie patrimoniale de la banque, Eric Aubin, parle même de « glue effect » ou « effet colle ». Une fois le trust créé, le client devient captif. Un document de BNP Paribas Wealth Management rédigé par Miles Lecornu, directeur de Jersey Trust, et par Lay Bee Loh, directeur du département trust à Singapour, souligne que le trust est le meilleur moyen de gérer toutes les étapes de la fortune..

Comme le rappel un document maison, à Jersey, « une fondation n'est pas autorisée à fournir des informations sur la fondation à qui que ce soit (y compris ses bénéficiaires)». Bon courage au fisc qui voudrait y voir clair. En 2010, BNP Paribas gérait 4207 trusts pour le compte de clients fortunés à Hong Kong et Singapour. Interrogée par Marianne, BNP Paribas répond : « les contribuables français n'ont pas accès à ce type d'instrument. Un Français qui se rendrait à Jersey ou à Singapour pour créer un trust verrait son dossier rejeté par BNP Paribas ». Dont acte : les Français sont exclus, mais le reste du monde peut en revanche s'offrir les services de BNP.