Ce vendredi soir au conseil municipal, l'adjoint Vert au maire de Rouen s'est exprimé pour la première fois depuis le retrait de ses délégations, le jeudi 9 septembre dernier.
Un peu plus trois semaines de silence. Depuis l’annonce faite par Valérie Fourneyron à son adjoint Vert du retrait de deux (voirie, espaces verts) de ses trois délégations, Guillaume Grima ne s’était pas exprimé publiquement. Il l’a fait hier soir, lors du conseil municipal de rentrée, en prenant la parole vers 19h30 au détour d’une question d’Edgar Menguy (UMP). «Je ne pouvais rester silencieux», a-t-il lancé, précisant s’exprimer « avec émotion » et remerciant au passage « les nombreux soutiens » dont il a fait l’objet, « de sa famille politique, des services municipaux », mais aussi d’Edgar Menguy, qui a salué « son engagement, et sa loyauté ». Juste avant le grand déballage.
« Un adjoint ça l’ouvre,ça reste et ça se bat »
Guillaume Grima a repris un à un ce qu’il appelle «les actes d’accusations», qu’il chiffre «à trois»: «Celle tenant sur le manque de moyens, sur la critique de la réorganisation des services puis de mon supposé mauvais fonctionnement avec les services.»
Trois points sur lesquels il a égrainé ses arguments : « Des moyens bloqués sur décision politique... laissant des agents dans un état de malaise.» « Les dysfonctionnements de la direction des espaces publics et naturels me sont injustement imputés, mais qu’en est-il des responsabilités de l’adjointe au personnel (NDLR, la socialiste Christine Rambault) dont c’est le cœur de travail. »
Parfois distraite pendant les séances du conseil, la salle - élus, agents, des élus du conseil régional - est muette, face à ce tableau surréaliste d’une dizaine de minutes. Le maire socialiste, Valérie Fourneyron s’enfonce dans son fauteuil. Grima poursuit parlant «d’une sanction disproportionnée et injuste» : «Pas de dialogue... aucune prise en compte de nos nombreuses remarques sur la réorganisation des services.»
Inflexible sur la position du groupe des Verts dans la redistribution des délégations, l’adjoint prévient : «Je ne démissionnerai pas, car je reste légitime démocratiquement pour être là. D’ailleurs, je contre-paraphraserais Jean-Pierre Chevènement en disant qu’un adjoint, ça parle, ça reste, et ça se bat.»
Applaudi par les Verts et... l’opposition, Guillaume Grima n’a pas eu de réponse de Valérie Fourneyron sur ce terrain-là: « Le conseil municipal n’est pas le lieu de ce débat », a-t-elle enchaîné.

