Dans Achat - Logistique par Stéphane Roche — le 22 février 2011 à 09:49 | 0 commentaire | ModifierL’externalisation de l’ingénierie informatique s’est accélérée depuis 10 ans en France mais beaucoup d’entreprises peinent à voir les premiers bénéfices.
Quand externalisation rime avec industrialisation
L’externalisation implique un travail à distance entre 2 entités. Si les projets sont complexes, ils requièrent de la créativité, ce qui est très difficile à obtenir à distance. Au téléphone, par email ou en vidéo conférence, on organise, on gère mais on ne crée pas. L’industrialisation est alors une condition nécessaire à l’externalisation.
A l’instar de la production qui s’est industrialisée au début du 20ème siècle, puis délocalisée ces 25 dernières années, l’ingénierie informatique s’industrialise pour être délocalisée. L’artisan a été remplacé par le travailleur à la chaine et aujourd’hui l’ingénieur talentueux avec des connaissances générales est progressivement remplacé offshore par des ingénieurs-techniciens spécialisés.
Ce sont les Américains qui ont inventé le taylorisme et aujourd’hui ils sont encore une fois à l’initiative de l’industrialisation de l’ingénierie, grâce à une nouvelle organisation des projets qu’on appelle « process » et à une forte spécialisation des ingénieurs (entre 50% et 75% des cursus ingénieurs aux Etats-Unis). C’est ainsi qu’ils ont pu externaliser leur ingénierie avec un certain succès, au Mexique ou en Inde notamment.
Ce processus de spécialisation s’est poursuivi chez leurs fournisseurs offshore dont le niveau de spécialisation peut atteindre jusqu’à 100% de leur cursus. La spécialisation se vend en Inde, premier pays de l’offshore, pas les connaissances générales. Les entreprises en Inde achètent d’abord un nombre d’années d’expérience sur une technologie, les ingénieurs indiens doivent être immédiatement opérationnels.
Les ingénieurs français ne sont pas bons à l’industrialisation. Ils sont généralistes et aspirent à des projets à haute valeur conceptuelle, le process les ennuie, les dévalorise, ils préfèrent travailler ... Lire la suite de l'article


