CHAPITRE : LES FRONTISTES CONTRE LA FRANCE(pp 40 à 46)« Le Front National de Marine Le Pen n'est en rien « plus » modéré que celui de son père.
Le cercle des proches«L'entourage de Marine Le Pen, c'est d'abord son père. En janvier 2011, Jean-Marie Le Pen a été nommé président d'honneur du parti. C'est tout le contraire d'une retraite, puisqu'il conserve son son siège au bureau exécutif, qui est l'instance suprême du FN. Et il ne se renie pas. Au soir du second tour des cantonales, le 27 mars dernier, il déclare : « L'Afrique doit se réjouir ce soir, c'est la victoire des primates », en réponse aux propos du député UMP Claude Goasguen [Claude Goasguen, lors d'une réunion de l'UMP, a en réalité employé l'expression « parti de primaires », à propos du FN]. Le poids de ce président d'honneur reste considérable : sa fille n'a prétendu exercer aucun « droit d'inventaire » sur le règne de son père. Et son poids au sein du mouvement reste d'autant plus considérable que sa fille entretient avec lui un rapport indistinctement politique, affectif et familial. Elle ne le désavoue pas publiquement et elle endosse la totalité de l'héritage du mouvement. Ce qui est assez étonnant, quand on songe aux efforts qu'elle produit pour admettre que le parti s'est assagi. Pourquoi n'exclut-elle pas son père, alors ? Après tout, ses déclarations et diverses mises en cause devraient lui valoir à tout le moins une suspension. Marine Le Pen est également tributaire des autres membres d'un environnement à la fois familial et politique. Son compagnon, Louis Alliot, est devenu vice-président, chargé de l'élaboration du projet. Sa sœur Yann est en charge de l'événementiel du parti. Son beau-frère, Philippe Olivier, est un conseiller discret mais omniprésent. Avec le FN, on a une sorte de clan familial, de dynastie, qui fait de ce parti une exception dans la vie politique française. Aux côtés de Marine Le Pen, on trouve un cabinet de conseillers dont certains sont officiels et d'autres officieux. Du côté des officiels, Marine Le Pen promet depuis son intronisation en janvier que de nombreux experts et hauts fonctionnaires vont la rejoindre. Des experts éminents, issus de tous les bords politiques, qui doivent venir renforcer ses équipes. À l'heure où j'écris, aucun nom n'a été rendu public et son directeur de cabinet, Éric Domard, qui se présente comme « journaliste », n'a semble-t-il été que rédacteur au journal maison, Français d'abord, où il a débuté en 1996 avant que le journal se saborde et devienne un simple bulletin interne. Encore Éric Domard apparaît-il dans l'organigramme. Ce qui n'est pas le cas de tous ceux dont le passé est le plus « chargé » à l'extrême droite radicale. Eux, étrangement, sont oubliés. Ainsi de l'ancien avocat Philippe Péninque, qui fut le dirigeant du GUD, le Groupe union défense, le mouvement étudiant spécialiste des actions « coups de poing ». D'Emmanuel Leroy, rédacteur dans les années 1990 du périodique radical qui s'occupe de la communication du FN, ... Lire la suite de l'article

