Pour distribuer suffisamment de gélules d’iode à sa population, le Japon a fait appel à un fournisseur américain. Car les fabricants de ces médicaments très spécifiques sont rares. Un marché plus ou moins réglementé selon les pays.
Pour protéger la population d’une éventuelle catastrophe nucléaire, les autorités japonaises ont déjà distribué plus de 230 000 unités d’iode dans les centres d’évacuation des zones des centrales de Fukushima Daiichi and Fukushima Daini. Car lors d’un accident nucléaire, de l’iode radioactif peut être libéré… et se retrouver dans le corps via les voies respiratoires ou la consommation d’aliments.
« Contrairement aux autres radioéléments, qui peuvent être éliminés par les voies naturelles, l’iode radioactif peut se fixer au niveau de la thyroïde », explique Julien Collet, directeur de l’environnement et des situations d’urgence à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Avec le risque de saturer puis d’irradier la thyroïde, entraînant des risques plus élevés de cancer.
Seulement trois fabricants homologués aux Etats-Unis
Une dégradation médicale qui peut être évitée grâce à la prise de comprimés d’iode stable non radioactif (l’iodure de potassium, KI). Ils permettent de saturer la glande thyroïde, et de diminuer le taux d’iode radioactif ingéré. Face à des populations inquiètes, les autorités japonaises ont donc dû s’organiser pour distribuer ces produits en quantité. Et n’ont pas hésité à faire appel à nukepills.com, un fournisseur américain en ligne de produits de protection contre les radiations et accidents nucléaires. Ce dernier vient ainsi de fournir au Japon pas moins de 50 000 unités d’iode ! Des comprimés considérés comme des médicaments, dont les fabricants sont peu nombreux. Aux Etats-Unis, seuls trois d’entre eux ont vu leurs produits d’iode de potassium homologués par la FDA, l’agence sanitaire américaine : Anbex, Fleming Co, and Recip of Sweden.
Outre-Atlantique, le gouvernement dispose d’ailleurs d’un stock de comprimés pour les 4,7 millions d’habitants vivant à moins de 10 miles d’une centrale nucléaire. Un système que le Japon avait probablement également mis en place, pour ne pas être pris au dépourvu. Outre-Atlantique, ces gélules sont également commercialisables sans ordonnance.
En France, une production centralisée par la Pharmacie des Armées
Un marché lucratif pour les fabricants ? Oui, s’ils parviennent à revendre ces gélules avec une grande marge. Car «ces médicaments sont relativement simples à fabriquer, ils ne sont pas très complexes chimiquement», estime Julien Collet. L’iode est un oligo-élément naturel. Ces comprimés sont donc fabriqués avec de l’iode comparable avec celle présente dans la nature et l’alimentation. Mais tous les pays n’autorisent pas la commercialisation de ces produits ! En ... Lire la suite de l'article

