En juillet 2010, une petite annonce a mis en émoi la communauté émergeante des spécialistes de la datavisualisation. General Electric, entreprise connue pour sa propension à anticiper les tendances du web – la firme reste fameuse pour avoir déposé son nom de domaine en 1986, des années avant l’explosion d’Internet – annonçait l’ouverture d’un poste de responsable de la visualisation de données à son siège de Fairfield, Connecticut.
« Il est intéressant de voir ce secteur donner lieu à l’ouverture de postes au sein d’entreprises mainstream », commentait Randy Krum sur Cool Infographics, l’un des nombreux blogs consacrés au sujet. Bruno Walther, qui cherche à convaincre les entreprises de recourir à cette méthodologie à des fins de pilotage marketing, n’hésitait pas quant à lui à qualifier ce nouveau métier de « top job » de la prochaine décennie, décelant dans la dataviz « une nouvelle grammaire pour communiquer et créer une expérience de marque plus enrichissante. »
Après avoir bouleversé le traitement médiatique de l’information, après avoir suscité l’espoir d’une révolution démocratique dans le sillage du mouvement open data, la visualisation de données fera-t-elle souffler un vent nouveau sur la communication des marques ?
Beaucoup semblent y croire.
En novembre dernier, FFunction, société basée à Montréal, publiait un livre blanc intitulé « La visualisation de données – comment positionner votre agence dans le marketing digital » [PDF]. Leur postulat, emprunté aux têtes pensantes du marketing digital US : les consommateurs sont de plus en plus sollicités par les marques sur les réseaux sociaux. Le flux de commentaires échangés à leur propos au sein des communautés virtuelles augmente de façon exponentielle. Les marques qui sortiront du lot sont celles qui sauront tirer le meilleur parti de la masse d’information produite, en recourant à des modes de représentation innovants.
A l’appui de sa démonstration, FFunction propose une sélection de campagnes récentes, toutes mises en place outre-Atlantique, qui, chacune à leur manière, ont exploré les possibilités offertes par la visualisation de données.
On peut en dégager trois types d’usage :
1 – La mise en scène de données brutes
Il s’agit d’utiliser des courbes, schémas pour raconter l’histoire de la marque, valoriser son engagement au service d’une cause, ou témoigner de son expertise d’un secteur. L’exemple donné par nos experts québécois est celui de GE Healthcare, qui a utilisé ce mode de narration pour sensibiliser la population au problème de l’accès aux soins publics, un marché sur lequel la firme cherche à s’implanter. On peut aussi citer cette illustration réalisée par Wilson Electronics, « The Shocking Demographics of Cell Phone Use », dans laquelle on apprend notamment que 15 % des Américains répondent ... Lire la suite de l'article

