Frédéric Mitterrand demande que soit raccrochée l'œuvre d'une artiste chinoise - LeMonde.fr

Frédéric Mitterrand demande que soit raccrochée l'œuvre d'une artiste chinoise LEMONDE.FR avec AFP | 13.02.10 | 16h37  •  Mis à jour le 14.02.10 | 19h03 RÉAGISSEZ (79) RECOMMANDEZ CLASSEZ IMPRIMEZ ENVOYEZ PARTAGEZ Partagez :BUZZER ! Télérama L'œuvre, qui n'aura été installée que quelques heures mercredi sur la façade du quai Malaquais, se compose de deux grandes bannières noires sur lesquelles sont inscrits en blanc les mots "gagner", "moins", "plus" et "travailler", un détournement du slogan "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007. e ministre de la culture Frédéric Mitterrand a demandé samedi 13 février à l'Ecole des beaux-arts de raccrocher l'oeuvre de l'artiste chinoise Ko Siu Lan, retirée mercredi de la façade de l'établissement. Dans son œuvre constituée de  grandes banderoles où figurent les mots "gagner", "moins", "plus" et "travailler", l'artiste chinoise détournait un slogan du candidat Sarkozy, le célèbre "travailler plus pour gagner plus". L'école avait décidé d'enlever l'œuvre, estimant que cette dernière pouvait porter "atteinte à la neutralité du service public". Dossiers : retrouvez l'analyse approfondie des grands sujets d'actualité Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Sur le même sujet LES FAITS L'artiste Ko Siu Lan envisage d'aller en justice après la "censure" de son oeuvre par l'Ecole des beaux-arts de Paris LES FAITS Une artiste chinoise qui dérange à Paris L'artiste Ko Siu Lan, 32 ans, s'est dite "très contente" de cette décision et a accepté de raccrocher son œuvre. Elle avait alerté jeudi les médias, dénonçant une "censure". "Cet incident reflète bien le climat de peur politique dès qu'on touche à Sarkozy en France, et à quel point la liberté d'expression est bafouée dès que des intérêts économiques sont en jeu", constate l'artiste. L'œuvre n'aura été installée que quelques heures mercredi sur la façade du quai Malaquais. Vendredi à 18 heures, lors du vernissage de l'exposition, une cinquantaine de personnes ont manifesté dans le froid devant l'entrée de l'école, face à la Seine. Ils ont fait voler des centaines de petits papiers, frappés des mots jugés polémiques. Des étudiants réclamaient la démission du directeur de l'école, Henri-Claude Cousseau, tout en évoquant "une autocensure inquiétante". Interrogée par Le Monde, la commissaire de l'exposition Clare Carollin a expliqué que cette installation "était pourtant prévue de longue date" et que le directeur de l'école "était au courant", l'œuvre "figurant dans le catalogue" de l'exposition. Le directeur lui aurait confié que cette oeuvre risquait de compliquer les relations avec le ministère de l'éducation, au moment où la convention de financement de son établissement est en cours de renouvellement. Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, s'était dit "consterné" par cette affaire. Il a proposé à l'artiste, vendredi, que son oeuvre soit exposée au "104", lieu culturel appartenant à la ville qui est à la recherche d'un second souffle. L'artiste n'a pas réagi à cette proposition. Le Parti socialiste dénonce aussi "une censure pour raisons politiques".

Description par mycontemporary