Bien que moins médiatisé depuis plusieurs semaines, l'accident de Fukushima 1 n'est pas prêt d'appartenir à l'histoire ancienneFocalisés tour à tour sur les raids en Libye, la crise ivoirienne, le mariage du Prince William et de la roturière Kate Middleton et la béatification de Jean-Paul II, les médias généralistes lui ont littéralement tourné le dos. C’est pourtant bien un drame qui continuera de se jouer, des mois durant, sur et autour du site de Fukushima 1 (Japon), théâtre d’un accident nucléaire sans équivalent depuis celui de Tchernobyl (Ukraine), dont on a commémoré la semaine dernière le vingt-cinquième anniversaire, et qui a lui aussi son actualité et son lot de rebondissements….
Il y a une dizaine de jours, la première zone d’évacuation de vingt-kilomètres autour de la centrale est ainsi devenue interdite, avec aux dires du porte-parole du gouvernement Yukio Edano une étroite surveillance et « de strictes mesures juridiques contre ceux qui tenteront d’entrer dans la zone ». « En ce qui concerne les habitants, je ne peux que leur demander d’être compréhensifs afin qu’aucune poursuite ne soit engagée contre eux », a-t-il ajouté, étant entendu que les contrevenants s’exposent à une amende de cent mille yens (environ huit cent cinquante-cinq euros) et même à une période de détention provisoire. De quoi a priori dissuader ceux qui, au péril de leur vie, voudraient revenir chez eux, même très provisoirement, dans ce qui n’est plus aujourd’hui qu’un no man’s land.
Le numéro un mondial de l’énergie nucléaire Areva, qui avait déjà dépêché du matériel sur place courant mars et prend depuis part aux opérations de rétablissement, a de son côté été sollicité par l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) pour installer une station d’épuration qui devrait permettre de diminuer significativement le seuil de radioactivité des eaux traitées. Celle-ci pourrait commencer à fonctionner dans deux ou trois semaines.
Boom de la radioactivité en mer
En attendant, les responsables de TEPCO, qui auraient été inspirés d’y penser plus tôt, viennent d’annoncer la construction d’une nouvelle digue pour protéger le site d’éventuels tsunamis. Située à dix mètres au-dessus du niveau de la mer, haute de deux mètres et longue de cinq cents mètres, la structure devrait être achevée mi-juin.
Rien ne dit que les niveaux de radioactivité autour de la centrale auront baissé d’ici là. Des échantillons prélevés en mer à quinze kilomètres et vingt kilomètres de la centrale contenaient environ mille quatre cents becquerels de césium 137 par kilogramme, soit six cents fois plus que les niveaux relevés jusqu’à présent au large des côtes nord-est, a indiqué TEPCO hier.
Une augmentation pour l’heure inexpliquée. « Nous ne pouvons rien dire ... Lire la suite de l'article

