Patrick Roy, le trublion de l'Assemblée nationale, le rockeur PS qui vilipendait le gouvernement dans son costume rouge « flashy », a perdu sa lutte contre ce cancer du pancréas qu'il combattait depuis neuf mois. Il aurait eu 54 ans cet été.
« J'ai un immense amour pour Denain. Jamais, je n'aurais voulu être maire d'une autre ville. » Cette phrase, prononcée le 17 décembre 2010 au théâtre de Denain empli d'une foule aux larmes, fait aujourd'hui figure d'épitaphe et résume bien l'affectivité d'un élu socialiste qui avait pris les rênes de sa ville natale en mars 2008, après avoir été élu député de la 19e circonscription six ans plus tôt, et reconduit dans ses fonctions il y a quatre ans. L'ancien instituteur du faubourg Duchateau, carté au PS dès 1986, avait été auparavant conseiller général du canton de Denain de 2001 à 2008.
C'est au retour de vacances en Australie en août 2010 (les voyages étaient une autre de ses passions), que Patrick Roy avait ressenti les premiers symptômes. Des maux de ventre anormaux qui l'avaient envoyé, à la demande insistante de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris. Un cancer des voies digestives avait été diagnostiqué, mais c'est en décembre que l'homme décharné, fatigué mais d'une admirable combativité, avait annoncé de son fauteuil roulant, lors de la réunion publique au théâtre, que c'était le pancréas qui était touché. Un des plus impitoyables cancers de l'espèce.
Pourtant, après quatre chimiothérapies infructueuses, le maire denaisien avait repris espoir grâce à un traitement au Folfox 4 simplifié, une molécule qui lui avait particulièrement réussi. Mais, hélas, ce n'était qu'une rémission de quelques mois. Car au fil des jours et de ses apparitions publiques de plus en plus rares, on sentait bien que son état s'aggravait. Gravir des escaliers était une torture et son visage émacié trahissait la progression d'un mal aussi sournois qu'incurable.
« On se sent comme des orphelins »
Si son absence au Grand Prix cycliste professionnel de Denain, le 14 avril, n'avait échappé à personne, il avait toutefois présidé, le lendemain, le conseil municipal pour le vote du budget primitif. Et il avait encore tenu, le lundi de Pâques, à assister au cent huitième carnaval de sa ville. Une tribune avait même été installée au pied de son appartement, dans la rue de Villars. D'aucuns s'étaient même pris à espérer encore...
Mais lundi, le papa de Kévin, qui aura 19 ans dans six jours, a été admis à 17 h 30 au centre hospitalier de Valenciennes. Pris en charge par l'équipe médicale des soins palliatifs, « Monsieur Patrick Roy s'est éteint paisiblement à 5 heures, ce matin 3 mai, dans ce même service, » signale, avec tristesse, le service communication de l'établissement.
Le barbu aux costumes voyants, qui lui avaient valu d'être « ... Lire la suite de l'article

